mardi 9 juillet 2013

Une fois, deux fois, trois fois ! : Léa

Une fois.    Les rayons de soleil encore timides  mordent les toitures.  Leur
crasse noire dégouline dans les rues.  Les gens sont gris.
Deux fois.    Parfum framboise dans les cieux, jaune bleuté qui danse sur les
antennes.  Les grues déchirent l'immense mer d'huile sans reflet.  Des larmes de
la nuit sur les volets.
Trois fois.    Les taches brunâtres sur les murs, les pavés foulés par les pas sans
coeur.  L'image du monde dans une flaque d'eau, qui bave de peine et qui se
meurt.  Le silence moelleux du temps sur pause, puis la clarté aveuglante qui
griffe le visage.  Le jour s'est levé.

Une fois.    L'usine urbaine s'éveille en un sursaut.  Les lueurs  rosées
chatouillent les rues, et mordent tendrement le visage des passants.  Mais les
gens sont gris.
Deux fois.    Les bruits mécaniques crèvent l'aurore de leurs cris douloureux : ils
crissent, ils pleurent, ils geignent.  Les nuages de fumée chantent la mélodie
citadine et emplissent les poumons du soleil.  Il est 9h00 et déjà tout court
vers sa fin.
Trois fois.    Les souffles humains se confondent : la ville respire.  La vague
couleur pêche se meut violemment, et quand l'air s'épaissit de regards vides et
creux, elle s'écrase sans un bruit sur un sol glissant de larmes, et se répend
avec mélancolie en dizaines de milliers d'âmes, qui vont et viennent, bercées
par le vent, sans but ni sens.  C'est la vie qui s'éteint lentement.  Le jour
s'est levé, mais rien ne peut réchauffer des coeurs qui pleurent.

Textes et photos de Léa .

 
 
...et je rajoute
Une fois. L'été est arrivé, paraît-il.
Deux fois. Dehors un grand soleil et un ciel bleu sans taches.
Trois fois. Dedans le noir.
Oui, ma Léa, il est bien difficile de réchauffer les cœurs qui pleurent.
J'ai ressorti ton texte .
J''aurais aimé le laisser dans les cartons de l'oubli.
Mais demain ou très bientôt, il n'aura plus de sens, j'espère.
 
 
 
 

3 commentaires:

  1. oh ! je suppose, et je crains, que ce texte n'est pas qu'un exercice de poésie et je pense très fort à toi et aux tiens.
    pense tout de même à nous mettre des photos de ta croisière sur le Rhin pour redonner qq couleurs à ton blog.
    et je sais que tu as sans doute besoin de rentrer dans ta coquille... je te connais ! et que tu sauras à nouveau sourire , toi qui souris tant aux autres!
    mes mille bises, plus un autre gros paquet
    claudia

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  2. chère Claudia, j'espère que, comme d'autres, tu n'as pas cru qu'il était arrivé quelque chose à Léa. Je suis navrée d'avoir pu provoquer cette confusion. léa va bien.
    Ses textes sont parfois terribles, mais ... elle pète la forme!
    juste d'autres tracas...la vie, la putain de vie quoi ! pas toujours facile à gérer, comme pour nous tous.
    je t'embrasse

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  3. cette Léa m'a fichu le bourdon
    heureusement que je connais son rire éclatant et sa belle vitalité
    mamie, tiens bon aussi
    bises à toutes les deux
    F.

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