mardi 6 juin 2017

DYSORTHOGRAPHIE ?

Dans la rubrique " cette femme est formidable " j'ai envie de vous parler aujourd'hui d'Anne-Marie GAIGNARD qui a créé une méthode simplifiant l'apprentissage de l' ORTHOGRAPHE et qui sait, dans des bouquins divertissants , la mettre à la portée de ceux qui à l'école et plus tard, même intelligents et cultivés, sont blâmés pour leur dysorthographie. Zola ne fut-il pas lui-même collé au bac pour cette raison?
Elle-même fut une brillante élève mais on lui tombait tout le tem
ps dessus à cause de ce mal et elle a énormément souffert de cette étiquette qui lui collait à la peau. Du coup, elle a recherché ses propres méthodes pour simplifier au maximum l'apprentissage des règles de grammaire en les expliquant autrement . " J'ai mis 20 ans à mettre tout celà en forme ". Elle avait déjà sorti quelques manuels sur les accords du participe passé par exemple, mais là, coup de maître, sont nés deux tomes romancés, un vrai thriller : " Pas de panique chez les indics " . 



Anne-Marie nous y plonge, dans une aventure policière entre intrigue et... méthode d'orthographe... et c'est gai à lire, divertissant et ... instructif !
Elle y narre l’histoire de Julien, un ado qui ne veut plus aller au collège car, comme il le dit lui-même, un “boulet” le suit et le rattrape tous les jours : l’orthographe ! Il n’arrive pas à prouver qu’il est capable de progresser. Peu à peu, son état se dégrade, il déprime et se décourage. Il reste dans sa chambre où là, il peut être le meilleur quand il joue sur l’ordinateur. Mais sa vie est devenue difficile, il finit par croire que ceux qui le traitent de nul ont raison, il ne sort plus, délaisse ses copains ... et de honte il cache même les lettres provenant du collège. Redoutant que sa mère les découvre , il prend conscience qu'il doit trouver coûte que coûte une solution au plus vite .
Mais attention, si ce livre est divertissant et rapide à lire, c’est avant tout un concept original : présenté comme un thriller, il explique la conjugaison tout en s’amusant et ça, c'est vraiment formidable !
à lire à tout âge , c'est un conseil d'amie. J'ai trop connu de ces élèves malheureux auxquels le prof de chimie enlevait ( encore ! ) deux points pour l'orthographe ! Je leur disais: notez votre matière , notez les compétences de votre élève dans votre matière
...
A noter qu'Anne-Marie Coignard a ouvert un centre de formation à Angers ainsi qu'un réseau de formateurs et pédagogues reconnus . Elle a déjà aidé " des milliers d'enfants et d'adultes " (SIC) ... non, son bouquin, ce n'est pas juste pour rigoler.

lundi 5 juin 2017


Trouvé ce matin sur la page de Stéphanie, un " conseil " pour vivre le mieux possible: Arrêtez d'attendre, d'espérer un moment précis en particulier comme un coup de fil, un nouvel amour, une promotion, une voiture de luxe, les vacances, la retraite...cherchez plutôt à trouver dans le présent ce qui vous enrichit et qui est accessible et " faites ", maintenant.
Alors a ressurgi en ma mémoire ce recueil de nouvelles de Science-Fiction de Ray BRADBURY: " Les Chroniques Martien
nes" dans lequel je me suis quelques fois plongée avec mes élèves.




Notre planète va disparaître, minée par les guerres et la pollution , des terriens vont la fuir pour s'exiler sur Mars dans l'espoir de trouver un monde meilleur. L'une d'elles, je n'ai plus le titre en tête, voit ainsi partir dans un vaisseau spatial quelques couples ayant pris soin de prendre des graines de nos plus belles plantes , légumes , arbres et fruits . Nous les ferons pousser là-bas, et nous y vivrons certainement plus heureux. qu'ici. Le long trajet se passe, nos terriens amarssissent ( hu hu ! ) , pas de martiens agressifs à l'horizon, ils s'installent, construisent des maisonnettes , labourrent le sol, sèment leurs graines....

Dans un premier temps qui dure, qui dure...pas une goutte de pluie ! rien ne germe , rien ne pousse, tous vont mourir de faim quand, ô joie, la pluie arrive enfin. Une pluie dense , merveilleuse, ça y est , nous sommes sauvés! Et de leurs fenêtres ils regardent ravis pousser les premiers radis, les premières fleurs , les premiers arbustes .... tout pousse fordidablement, vite, très vite, trop vite même ... ? les lianes, les arbres commencent à envahir le jardin, à enserrer les maisons, à étouffer les terriens qui ... finiront par périr , submergés par cette nature dont ils espéraient tant.
 


Voilà, on espère, on attend, sans savoir que ce futur que l'on pense meilleur sera peut-être l'heure de notre mort, ce qu'on avait espéré, ce après quoi on avait couru, est en fait ce qui nous tuera.
Le texte est sobre, poignant, humaniste, poétique, sans lasers ni effets spéciaux... juste une réflexion sur notre devenir et sur le temps présent. Et si finalement cultiver notre jardin, là maintenant, où nous sommes , était meilleur que la fuite vers un aileurs ou un futur qui nous tuera ? Candide l'avait déjà
compris.

vendredi 2 juin 2017

Folisophons donc !

 ... et pour ce faire, un peu de cette " folisophie" que nous dystille chaque jour José Noce:
" - Un peu à l’emporte pièce, un peu à l’arrache, on colmate, on rafistole, on bidouille, on rabiboche, on trifouille, on improvise des garrots de fortune, on tirlipote des larmes à l’avenant, on rustine, on bout aboute... on essaie de vivre à peu près ... quoi. " ... et Fernand LEGER: " Deux papillons jaunes sur une étoile"




" l'Amant Double " de Gilbert OZON

Ah! ...l'AMANT DOUBLE !
je vais parler de ce film, mais comment m'en dépêtrer?
Polémique à Cannes où certains ont adoré, espérant même la palme d'Or, le Prix de la mise-en-scène pour Ozon, ou celui d'interprétation pour Jérémie Régnier il est vrai magistral ... et si beau ! ( bon, ça c'est personnel , autant dire" manque d'objectivité mamie " .. hu hu ! )...
et d'autres ont ri, n'ont rien compris , se sont enmêlés les neurones, bref n'ont pas aimé.



Je crois me situer entre les deux, mais plus vers les premiers, et après une nuit de réflexion, je peux dire que j'ai aimé.
Car des questions sur le film, on peut s'en poser ! en fait c'est ce qui m'intéresse, que les choses ne soient pas simples, qu'il y ait un espace de liberté ( dans toute oeuvre d'art ), que les gens s'y projettent , sortent un truc d'eux surgi parfois de l' inconscient , s'y retrouvent et pas forcément dans le sens que l'artiste a suggéré . Les grands artistes savent laisser cet espace. En Littérature, on travaillait là-dessus avec mes élèves et on appelle çà " le pluriel de sens " ou " polysémie", une vraie richesse . Avec ce film, le spectateur est servi !




Côté image et mise en scène : sophistication, maîtrise de la caméra, cadrage mûrement calculés, symbolique des décors ( ces escaliers interminables en colimaçon ... plongée dans l'inconscient? ... comme dans le vagin !), jeux de miroir, de reflets, gémellité , dualité et symétrie( l'héroïne gardienne de musée toujours assise entre deux tableaux, les ailes  symétriques d'une maison...)
voire les "jeux" inversés ( pensons à la scène de la sodomie) ... sans omettre, mais là ma culture cinématographique n'est pas assez pointue, plusieurs clin-d'oeil à d'autres films, d'autres réalisateurs .
Thriller érotique ( pas trop ) , film sur la psychanalyse, plongée scientifique dans ces histoires de jumeaux avalés ...c'est un peu de tout cela. ... mais j'y vois une ou deux questions essentielles: *d'abord , que savons-nous chacun de nous-même? Sommes-nous unique ou possédons-nous plusieurs personnalités... parfois bien opposées ? ...
*et des autres , que savons-nous exactement d'eux et de celui ou celle qui partage notre lit ? ... ( quand je suis surprise , je parle de Yin et de Yang mais c'est plus complexe encore) .



et ... qu'avons-nous compris de ce film (chacun d'entre nous? qu'avons-nous ressenti? nos réactions n'ont-elles pas le droit d'être multiples aussi ? )
" J'aime brouiller les frontières pour amener le spectateur à s'interroger sur la nature de mes images" souligne Ozon... et bien là, c'est réussi mec ! 




Et en plus, la fin, loin de clore les ambiguités, ressert le couvert , rejoue le film et c'est maintenant l'héroïne qui est double, on n'en finira pas.
Pour conclure, moi ce que j'aimerais bien, c'est que le jumeau, en vrai n'existe pas. Ou s'il existe ( qu'en savons-nous? ) qu'il y ait une manigance, une sombre machination entre les deux frères et là, ce serait du Hitchcock.
Ouf ! ...Tchao les amis, si vous avez lu jusqu'au bout




mercredi 31 mai 2017

Les DAMNES par la Comédie Française

...retour sur Les MOLIERES 2017 avec deux pièces primées . Evoquons là LES DAMNES , pièce jouée par la troupe de La Comédie Française, dans une mise en scène extraordinaire d' Ivo van Hove qui a reçu trois prix :
* Molière du meilleur Spectacle Public
* Molière de la meilleure Actrice pour Elsa Poivre



* Molière de la meilleure réalisation Visuelle.
Prix ô combien mérités !
...
La pièce avait créé l'événement , ébranlant les spectateurs, en juillet 2016 au festival d'Avignon, et on l'imagine bien jouée dans la grande cour d'honneur ! ... puis ensuite sur la scène de la salle Richelieu à Paris.





Créée à partir du scénario de Luchino Visconti, mais sans référence au film, la pièce s’attache à raconter l’histoire de grands industriels de la sidérurgie, à l’heure du triomphe des nazis en Allemagne. Ivo van Hove montre les champs sulfureux de l’enfer que l’homme ensemence de sa folie. La spiritualité a déserté le plateau. Un immense carré orange se déploie en fond , feux des aciéries en fusion, feux de la violence et de la perversité, qui vont brûler un à un les membres de la famille .






Longtemps la Comédie Française est passée pour vieillotte et poussiéreuse face à un TNP qui allait de l'avant, c'est terminé, et c'est tant mieux . Les deux troupes rivalisent de talent , d'ingéniosité et de créativité... pour notre plus grand plaisir .

mardi 30 mai 2017

Feurs de Cactus ? ... non ! Hommage au Grand Théâtre !

Comme cette Fleur de Cactus indigeste, racoleuse, inepte, avec son lot d'acteurs-hurleurs ... j'en passe et des pires sinon on va encore me dire que j'ai l'humour "caustique"... m'a replongée dans ces étés magiques de ma jeunesse où je participais au Festival IN d'Avignon ( j'y tiens au IN) .
D'abord à mes 18 ans où après mon bac scientifique j'ai obtenu une bourse pour le festival d'Avignon dans le cadre des Rencontres Internationales puis 4 années à bosser sur le festival ( relations artistes/public ) .




Ah !
le mistral capricieux jouant dans la robe légère d'Hélène ( Christiane Minazzoli ), Nicomède à genoux ( Laurent terzieff ) recevant le pardon du roi, Hector ( Pierre Vaneck dont je fus immédiatement amoureuse) interpellant les morts-pour-rien de ces guerres qu'il condamnait " les vivants ont la vraie cocarde, ce sont leurs yeux " , l'Avare ( Jean Vilar) dérapant sur l'immense scène inondée par un orage terrible lors de ses adieux au TNP, Lady Macbeth ( Maria Casarès) hagarde et sanglante, le spectre ( Georges Wilson ) réfugié tout en haut des murs de la Cour d'Honneur pour terrifier Hamlet ... et la voix chaude et vibrante de Rodrigue( Gérard Philippe ) à jamais gravée dans ces murs !


Ah ! ... ces moments d'attente avant les représentations, ces files fébriles en bas des marches qui nous conduiraient sous le porche ouvrant sur la majestueuse Cour d'Honneur frémissant déjà du murmure presque religieux des premiers entrés, et soudain les Trompettes de Lorenzaccio , musique de Maurice de Jarre, qui nous disaient : ça y est ça va commencer... alors , le silence, l'attente des mots qui nous rempliraient de ce bonheur inégalable, ce bonheur d'assister à quelque chose de beau et d'unique .
" Les Troyennes ", " Thomas Moore", " Le Cid", " le Prince de Hombourg, " L' Illusion Comique ", " Le Soulier de Satin", " la Guerre de Troie n'aura pas lieu ", " Richard Trois", " Georges Dandin", " les Joyeuses Commères de Winsor ", " Lorenzaccio ", " Hamlet ", " lady Macbeth", " la Mort de Danton " , " l'Avare ", mais aussi les ballets de Maurice Béjart " Messe pour le temps Présent " ou " le Bolero de Ravel" ...




.. et à la sortie, la traversée encore toute hallucinée des textes qui nous avaient transportés et que nous déclamions en hurlant à 1 heure du matin .
Hier soir, nous étions bien loin de tout celà , ce qui a eu au moins le mérite de réveiller en mois ces souvenirs qui m'ont changée à jamais puisqu'au retour de mon premier été au festival je changeais de fac et je décidais de désormais me consacrer à la Littérature , la Grande, car il y a bien de la bonne et de la mauvaise littérature. C'est elle qui a changé le cours de ma vie, c'est elle qui m'a nourrie, c'est elle qui est encore vibrante en moi à ma retraite, elle fait partie de ma chair, de mon sang.
Jean VILAR ( sur lequel j'ai fait ensuite mon dipôme de recherche ( TER ) reste mon maître absolu .




Heureusement, les deux pièces récompensées ensuite lors de la cérémonie, sont des pièces de qualité, des pièces qui ne descendent pas vers le public jugé peu capable d'aimer les grands textes :
* EDMOND
*Les DAMNES .
J'essaierai d'en reparler.

lundi 29 mai 2017

29 ème Nuit des MOLIERES: Catherine Frot dans Fleur de Cactus depuis le Théâtre Antoine

  .... avis !

 pour celles et ceux qui aiment le théâtre, ne pas rater ce soir sur France 2 la 29 ème Nuit des MOLIERES .... avec Nicolas Bedos en maître de cérémonie pour distribuer 19 récompenses et un Molière d'Honneur.
Mais avant , tordez-vous de rire ( en principe ) avec " FLEUR de CACTUS " en direct du Théâtre Antoine, dans une mise en scène de Michel Fau.


Cette pièce de Barillet et Grédy, qui dans cette version a été à l'affiche plus de 6 mois complets à Paris et 60 représenta
tions en province est dans la plus pure tradition du " théâtre de boulevard" avec ce qu'en général le public attend de ce genre de pièce : mensonges, quiproquos, portes qui claquent et acteurs au maximum de l'hystérie.
Ici, le spectateur découvre que mentir à sa maîtresse n'est pas toujours une bonne idée . 








Catherine FROT a obtenu en 2016 le Molière de la Meilleure Actrice dans ce rôle et la pièce a été nominée 6 fois , c'est n'en doutons pas un gage de qualité... et c'est cette version que nous verrons ce soir.
Avant ... ingurgitons de grans bols de café, tout ceci doit durer jusqu'à 2H. du mat