jeudi 8 janvier 2015
MANO SOLO , le fils de CABU - Je suis venu vous voir
"... Je suis venu vous voir avant d'partir, croyez pas que j'vous abandonne ...
je suis mort mais rien n'est fini
mes amis ne pleurez pas, le combat continue sans moi ..." chantait-il.
je suis mort mais rien n'est fini
mes amis ne pleurez pas, le combat continue sans moi ..." chantait-il.
CAVANNA : " Lettre ouverte aux culs-bénits"... 20 ans déjà
Ecrivain, dessinateur et journaliste trouble fête, François Cavanna fut la figure de proue d’une génération et d’un journalisme provocateur, subversif et irrévérencieux, de Hara Kiri à Charlie Hebdo.
Cette "lettre ouverte aux culs-bénits" que je vous propose, publiée il y a 20 ans n’a pas pris une ride, hélas !
".Lecteur, avant tout, je te dois un aveu. Le titre de ce livre est un attrape-couillon. Cette « lettre ouverte » ne s’adresse pas aux culs-bénits. […]
Les culs-bénits sont imperméables, inoxydables, inexpugnables, murés une fois pour toutes dans ce qu’il est convenu d’appeler leur « foi ». Arguments ou sarcasmes, rien ne les atteint, ils ont rencontré Dieu, il l’ont touché du doigt. Amen. Jetons-les aux lions, ils aiment ça.
Ce n’est donc pas à eux, brebis bêlantes ou sombres fanatiques, que je m’adresse ici, mais bien à vous, mes chers mécréants, si dénigrés, si méprisés en cette merdeuse fin de siècle où le groin de l’imbécillité triomphante envahit tout, où la curaille universelle, quelle que soit sa couleur, quels que soient les salamalecs de son rituel, revient en force partout dans le monde. […]
O vous, les mécréants, les athées, les impies, les libres penseurs, vous les sceptiques sereins qu’écœure l’épaisse ragougnasse de toutes les prêtrailles, vous qui n’avez besoin ni de petit Jésus, ni de père Noël, ni d’Allah au blanc turban, ni de Yahvé au noir sourcil, ni de dalaï-lama si touchant dans son torchon jaune, ni de grotte de Lourdes, ni de messe en rock, vous qui ricanez de l’astrologie crapuleuse comme des sectes « fraternellement » esclavagistes, vous qui savez que le progrès peut exister, qu’il est dans l’usage de notre raison et nulle part ailleurs, vous, mes frères en incroyance fertile, ne soyez pas aussi discrets, aussi timides, aussi résignés !
Ne soyez pas là, bras ballants, navrés mais sans ressort, à contempler la hideuse résurrection des monstres du vieux marécage qu’on avait bien cru en train de crever de leur belle mort.
Vous qui savez que la question de l’existence d’un dieu et celle de notre raison d’être ici-bas ne sont que les reflets de notre peur de mourir, du refus de notre insignifiance, et ne peuvent susciter que des réponses illusoires, tour à tour consolatrices et terrifiantes,
Vous qui n’admettez pas que des gourous tiarés ou enturbannés imposent leurs conceptions délirantes et, dès qu’ils le peuvent, leur intransigeance tyrannique à des foules fanatisées ou résignées,
Vous qui voyez la laïcité et donc la démocratie reculer d’année en année, victimes tout autant de l’indifférence des foules que du dynamisme conquérant des culs-bénits, […]
À l’heure où fleurit l’obscurantisme né de l’insuffisance ou de la timidité de l’école publique, empêtrée dans une conception trop timorée de la laïcité,
Sachons au moins nous reconnaître entre nous, ne nous laissons pas submerger, écrivons, « causons dans le poste », éduquons nos gosses, saisissons toutes les occasions de sauver de la bêtise et du conformisme ceux qui peuvent être sauvés ! […]
Simplement, en cette veille d’un siècle que les ressasseurs de mots d’auteur pour salons et vernissages se plaisent à prédire « mystique », je m’adresse à vous, incroyants, et surtout à vous, enfants d’incroyants élevés à l’écart de ces mômeries et qui ne soupçonnez pas ce que peuvent être le frisson religieux, la tentation de la réponse automatique à tout, le délicieux abandon du doute inconfortable pour la certitude assénée, et, par-dessus tout, le rassurant conformisme. Dieu est à la mode. Raison de plus pour le laisser aux abrutis qui la suivent. […]
Un climat d'intolérance, de fanatisme, de dictature théocratique s'installe et fait tache d'huile. L'intégrisme musulman a donné le « la », mais d'autres extrémismes religieux piaffent et brûlent de suivre son exemple. Demain, catholiques, orthodoxes et autres variétés chrétiennes instaureront la terreur pieuse partout où ils dominent. Les Juifs en feront autant en Israël.
mercredi 7 janvier 2015
TRISTESSE ... Chopin Etude op.10 no.3
Tristesse... en ce mercredi 7 janvier 2015.

Van Gogh, Munch et Goya.
et surtout...regardez ce qu'avait déclaré CHARB en 2012:
Charb : je n ai pas peur des représailles. Je n'ai pas de femme pas de gosses pas de voiture pas de crédit.
Ça fait peut être pompeux de dire ça Mais je préfère mourir debout que vivre à genoux.
Ça fait peut être pompeux de dire ça Mais je préfère mourir debout que vivre à genoux.
mardi 6 janvier 2015
HOUELLEBECQ aux infos de France 2... SOUMISSION sort demain.
Je viens d'écouter à l'instant Michel HOUELLEBECQ au journal de 20H de France2.
Quatre ans après son Goncourt ( que j'avais aimé ), un nouveau roman, qui a déjà beaucoup fait beaucoup parler de lui, sort demain mercredi 7 janvier 2015, c'est " SOUMISSION ".
Cherche-t-il la polémique?
-"Non, j'écris ce que je veux, je ne fais pas d'effort pour l'éviter.
- C'est votre vision de l'avenir? demande le journaliste....
Il ne sait pas vraiment : - C'est une possibilité."
Son style amusant et déroutant, souvent détaché, est là pour nous perdre, c'est vrai.
Le journaliste essaie de savoir si Houellebecq s'implique vraiment, si ses personnages lui ressemblent... il ne sait pas trop, patauge un peu : " J'ai l'impression que les politiques ne sont pas des gens comme nous. Je décris avant tout un ambitieux"
- Mais approuvez-vous votre héros qui se convertit à l'Islam?
-Je ne sais pas ... ni l'un ni l'autre, je ne sais même plus, c'est un roman. Le héros choisit l'Islam parce que ce sera plus confortable pour lui: il pourra continuer son métier . IL adhère à ce qui est dominant, c'est moins fatigant que la lutte "
Là, je perçois ses intentions, cette mollesse qui fait que les moutons suivent. Est-ce cela qu'il dénonce ? ... ou pas ? ... avec lui, allez savoir! lui qui n'a pas l'air de le savoir lui-même.
A la question sur les réactions des lecteurs qui ne manqueront pas et dans tous les azimuts ( !)..il répond avec ce flegme, ou cette fatigue ? qui le caractérise :
" Les gens qui me lisent pensent ce qu'ils veulent "
FIN de l'interview.
Comme souvent, on est perplexe. Cependant je suis de celles qui aiment ce flou "artistique".
Il laissera se déchaîner les tempêtes et il continuera de traverser sa vie avec un ennui apparent, semblant se demander encore et encore ce qu'il fait là .
Je n'arrive pas à le détester.
J'attends de lire SOUMISSION avant de suivre la horde hurlante et pleine de bave ou ... de le défendre. On verra, il faudra d'abord le lire.
lundi 5 janvier 2015
Pense à moi...
Les cloches du soir - Marceline DESBORDES-VALMORE (1786-1859)
Quand les cloches du soir, dans leur lente volée
Feront descendre l'heure au fond de la vallée,
Si tu n'as pas d'amis ni d'amours près de toi,
Pense à moi ! Pense à moi !
Car les cloches du soir avec leur voix sonore
A ton coeur solitaire iront parler encore,
Et l'air fera vibrer ces mots autour de toi :
Aime moi ! Aime moi !
Si les cloches du soir éveillent les alarmes,
Demande au temps ému qui passe entre nos larmes,
Le temps dira toujours qu'il n'a trouvé que toi
Près de moi !
Quand les cloches du soir, si tristes dans l'absence,
Tinteront sur mon coeur ivre de ta présence,
Ah ! c'est le chant du ciel qui sonnera pour toi !
Pour toi et pour moi !
Quand les cloches du soir, qui bourdonne et qui pleure,
Ira parler de mort au seuil de ta demeure,
Songe qu'il reste encore une âme près de toi :
Pense à moi ! pense à moi
...et une toile de Bernard COIGNARD.
Feront descendre l'heure au fond de la vallée,
Si tu n'as pas d'amis ni d'amours près de toi,
Pense à moi ! Pense à moi !
Car les cloches du soir avec leur voix sonore
A ton coeur solitaire iront parler encore,
Et l'air fera vibrer ces mots autour de toi :
Aime moi ! Aime moi !
Si les cloches du soir éveillent les alarmes,
Demande au temps ému qui passe entre nos larmes,
Le temps dira toujours qu'il n'a trouvé que toi
Près de moi !
Quand les cloches du soir, si tristes dans l'absence,
Tinteront sur mon coeur ivre de ta présence,
Ah ! c'est le chant du ciel qui sonnera pour toi !
Pour toi et pour moi !
Quand les cloches du soir, qui bourdonne et qui pleure,
Ira parler de mort au seuil de ta demeure,
Songe qu'il reste encore une âme près de toi :
Pense à moi ! pense à moi
...et une toile de Bernard COIGNARD.
jeudi 1 janvier 2015
Que 2015 explose pour vous de mille couleurs !
"A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,...
"A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,...
Golfes d'ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes,
Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d'ombelles ;
I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;
U, cycles, vibrements divins des mers virides,
Paix des pâtis semés d'animaux, paix des rides
Que l'alchimie imprime aux grands fronts studieux ;
O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
Silences traversés des Mondes et des Anges ;
- O l'Oméga, rayon violet de Ses Yeux !"
Arthur RIMBAUD, poème VOYELLES.



Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d'ombelles ;
I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;
U, cycles, vibrements divins des mers virides,
Paix des pâtis semés d'animaux, paix des rides
Que l'alchimie imprime aux grands fronts studieux ;
O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
Silences traversés des Mondes et des Anges ;
- O l'Oméga, rayon violet de Ses Yeux !"
Arthur RIMBAUD, poème VOYELLES.



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